Dans la deuxième partie de son livre : Solstice d’hiver, René Gaben cite un texte du philosophe Martin Heidegger : 

« L’homme « fonctionnaire de la tech-nique » recherche et obtient toujours davantage par la calculabilité universelle qui va de pair avec un formidable accroissement de la terreur comme de l’insensibilité. Cette insensibilité se marque par une complicité ou une indifférence à l’égard des conséquences destructrices de la technique, telles que l’uniformisation des styles de vie, la programmation stéréotypée des productions culturelles, le caractère factice et planifié des idéaux politiques, la défiguration et l’épuisement de la terre, l’oblitération du sacré ».

Mais aussi :

« Dans son projet d’arraisonnement total, la technique ne peut absolument pas laisser être sauve une quelconque région du monde qui se déroberait à ses prises. La profanation intégrale du monde fait partie de l’essence de la technique ».

Et enfin Gaben nous rappelle l’intervention du poète Antonin Artaud en 1947 à la radio : 

« – Parce que l’Amérique par tous les moyens possibles doit produire

– Parce qu’il faut par tous les moyens possibles remplacer la nature partout où elle peut être remplacée 

– Parce qu’il faut que des champs d’activités nouvelles soient créés

– Etablir le règne de tous les faux produits fabriqués, de tous les ignobles ersatz synthétiques où la belle nature n’a que faire

– Plus de fruits plus d’arbres, plus de légumes, mais des produits de synthèse à satiété, dans des vapeurs, dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *