GABEN dit à propos du Lule, ce petit personnage présent dans ses tableaux :

«  Je voudrais que le Lule soit l’image d’une autre humanité. Une humanité peut-être pas meilleure à bien des égards, mais une humanité qui porte des  valeurs oubliées par notre époque ivre de technologie et de consumérisme ; il est la négation de la technicité du monde moderne ».

 

Il poursuit :

Cette « personne », le Lule, c’est l’indien Achuar et Makuta d’Amazonie c’est l’indien Cree de la forêt boréale canadienne ; pour ces hommes les humains comme les plantes et les animaux sont des « personnes » qui ont une âme. Des « personnes » qui se parlent et se respectent.

 

Le Lule c’est l’artiste de Lascaux, d’Altamira, de Pech-Merle ou de la grotte des Trois Frères. Ces hommes qui nous laissant de magnifiques images d’animaux, se présentent eux même sous le masque de l’animal. Il s’agissait pour eux de nier l’homme au bénéfice d’un élément divin lié à l’animal, de s’approprier le prestige de la bête avant de quitter un monde magique pour gagner un monde où le calcul et le travail dérangerait l’ordonnance spirituelle.

 

La conduite de ces hommes, par-delà les siècles, est proche de celle des indiens aujourd’hui en Amazonie ou en Sibérie, elle est universelle.

 

Le Lule est une « personne » qui attend une voie nouvelle. Une voie où serait scellé l’union entre nature et culture. Ecartelé entre le monde magique des origines et le monde « d’apartheid » des sociétés modernes il lui reste la nostalgie pour un monde d’avant le désenchantement.

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